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AFP/IFOP ANNEXE II

Publié dans Dossier complet IFOP AFP 2012

ANNEXE II

 MOTIVATIONS ET OBJECTIFS DES AFP

L’une des raisons de ce sondage est l’importance accordée par les AFP depuis le début des années 90 à la Transparence et à la Gouvernance en matière de représentativité et de comptes associatifs en cas d’aide publique.

Cette importance s’est manifestée notamment par le programme «  Définir, dénombrer, chiffrer, évaluer, rendre compte » abordé avec les autorités protestantes ( Conseil National des Evangéliques de France, Fédération Protestant de France, Eglise Réformée de France .. et des chercheurs de l’INED lors de la Controverse du 4 mai 2009 ( CF annexe IV).

Cette importance résulte de contraintes extérieures aux AFP, contraintes liées à la situation actuelle du protestantisme, du mouvement familial , des principaux partenaires sociaux, du monde associatif aidé et de la société publique.

 TRANSFORMATIONS DU PROTESTANTISME

 • Le réveil évangélique engagé il y a cinquante ans bouleverse la réalité protestante française. En témoignent la création du CNEF engagée le 18 juin 2001, la réforme interne de la FPF décidé en 2007, le sondage IFOP et le Colloque réalisés en 2010, enfin ce sondage des AFP en 2012.

 • Pour les AFP, ce bouleversement se traduit par une croissance exceptionnelle au sein de l’UNAF des effectifs ( Nombre d‘associations, nombre de départements concernés, nombre de familles adhérentes des AFP soit un triplement depuis 2005). La raison en est l’importance accordée par les « évangéliques » à la conversion, à la diaconie universelle comme corollaire du sacerdoce universel, à l’engagement personnel, à la vie associative et à la Famille. Les AFP ont du tirer les conséquences de cette expansion en se dotant d’une Charte, d’une Convention et de Statuts fondés sur des définitions précises et mesurables de la notion de membres, d’association, d’église locale et de protestant ; aussi d’un projet faisant de la coopération associative et familiale locale sans considération d’appartenance dénominationelle une condition d’agrément et de maintien au sein des AFP.

 • Par ailleurs non seulement le mouvement familial institué (UNAF) est la seule instance publique de notre société laïque à convoquer des protestants en tant que tels mais les AFP sont le seul mouvement protestant qui voit à la fois ses effectifs certifiés annuellement, localement (UDAF) par les pouvoirs publics et ses comptes soumis à la Cour des Comptes.

• La création du CNEF en 2011 pose aux AFP le problème de la double appartenance à cet organisme et à la FPF. Or chacun de ces organismes entend représenter l’ensemble de ses membres auprés des pouvoirs publics. Autre bizarrerie, les AFP n’ont pas reçu le droit de vote au sein de l’assemblée de la FPF alors qu’elles réunissent 4000 familles bénévoles et cotisent à cet organisme.

  TRANSFORMATIONS DU MOUVEMENT FAMILIAL

Membres fondateurs de l’UNAF depuis 1945, confirmées en 1975, les AFP promeuvent depuis 1982 un effort de transparence et de représentativité. A ce titre elles soutiennent la démarche de la Cour des Comptes qui par deux rapports a demandé en vain un effort de représentativité à l’UNAF.

("La recommandation de la Cour en 2003 de subordonner l'attribution de fonds publics à une meilleure représentativité de l'UNAF n'a donc pas été suivie d'effet en 2006."

 Les AFP sont d’autant plus attachées à cette démarche qu’elles sont actuellement le seul mouvement familial qui connaisse depuis 2003 un progrés sensible de ses effectifs : associations, départements et familles. Elles ont donc intérêt à donner l’exemple.

Les AFP sont contraintes par le Code des affaires sociales et de la Famille :

1 ) à respecter une définition de la famille adhérente

2 ) à déclarer leurs adhérents ( Noms, adresse, nombre d’enfants etc ..) à l’UDAF du ressort.

 De même les objectifs d’une association familiale sont fixés par le Code. Le respect de ces obligations légales conditionne

1)l’appartenance au mouvement familial,

2) le droit de vote dans les assemblées locales et nationales

3) l’éligibilité dans les conseils.

 La démarche de transparence et certification vaut aux AFP l‘hostilité de divers forces du monde associatif sur fonds publics.( UNIOPSS, CPCA, Comité de la Charte etc....)

 TRANSFORMATIONS DE LA SOCIETE FRANÇAIS

 Le débat public met depuis peu l’accent sur une France marquée par : la montée liée de l’égoïsme et l’incivisme ; de la défiance et du pessimisme ; la revendication conjointe d‘autonomie personnelle et de garantie collective , de libertés individuelles et sécurités collectives ; la préférence pour des solidarités administrées aux dépens des solidarités privées ; le repli sur une famille «  cocon », la recherche de privilèges statutaires liés à la conjonction de l’étatisme et du corporatisme ; la préférence pour l’opacité des comptes et le flou des effectifs ; le refus d’institutionnaliser la séparation des pouvoirs et intérêts ; de séparer la fonction publique et les urnes, d’interdire le cumul des mandats ; la conjonction d’une laïcité cléricale avec la préférence pour un Islam qui refuse la loi de 1905 et revendique le financement public de ses lieux de culte.

( Noter à ce propos que certaines CAF refusent de subventionner l’action sociale familiale de certaines AFP sous prétexte d’atteinte à la laïcité. Les AFP estiment ce refus insupportable car la présence des AFP au sein de l’UNAF résulte d‘une décision du législateur qui s’impose à un organisme public comme la CNAF).

Au fil des quatre dernières décennies, notre pays est devenu une société de défiance, de statuts, de pessimisme et d’incivisme dont le modèle social s’autodétruit[1]. Ce «modèle social» baptisé «Exception Française» par ses bénéficiaires, en voici la spécificité politique unique : des partis sans militants, des syndicats sans salariés, de grandes associations sans bénévoles, des églises officielles sans fidèles, une presse écrite d’opinion sans lecteurs. Etatisme et corporatisme, opacité de la dépense publique, cumul et confusion des intérêts et des pouvoirs, sont devenus constitutifs de l’identité politique française.

 • La société civile est en revanche grosse d’un nouveau bénévolat .

L'ère du vide. Essais sur l'individualisme contemporain, Paris, Gallimard, 1983 ; 1989. (rééd. poche, « Folio »)

<   Mieux, le volontariat devrait connaître une véritable explosion dans d'autres segments de la société. L'avenir appartient aux nouveaux bénévoles 10. « Le nouveau statut du bénévolat est à la croisée de l'érosion de la foi dans le "tout politique" et de la spirale des idéaux d'autonomie individuelle. La société qui isole les êtres et dissout les réseaux traditionnels génère l'exigence de retrouver des liens de sociabilité et de nouvelles formes d'appartenance sociale; l'emploi volontaire vient en réponse à ce besoin de participation et d'intégration, il fonctionne comme un instrument d'identification individuelle et sociale dans un âge de déqualification, d'érosion des repères, de l'identité sociale, de quête de gratifications symboliques. Et cela fonctionne plus encore dans les cas des entraides mutuelles lorsque les "défavorisés" deviennent bénévoles eux-mêmes, Alcooliques anonymes, Emmaus, etc. En de tels cas, l'action bienveillante ne s'arc-boute plus sur un impératif universaliste rigoriste , elle est thérapeutique et identitaire; le nouveau bénévolat marie le désir d'aider ses semblables avec la quête de soi. Avec la promotion de l'ego le bénévolat accède à l'ère des masses.   >> .

  Ce nouveau bénévolat, liant engagement personnel et relativisme institutionnel, valeurs et pratique, vertus privées et vertus civiques comment le mobiliser  sinon en promouvant localement comme au plan national des expérience de vérification de représentativité des effectifs et d’emploi des fonds publics dans le monde des partenaires sociaux.

 TRANSFORMATIONS DE LA FAMILLE

 Une France à deux vitesses familiales

Le choc « relativiste » de 1968 ( « Tout se vaut ! tout est modèle ! » ) se solde par l’apparition d’une France à deux vitesses familiales.

 - D‘un côté une France des « sans familles », soit 25 % des parents et des enfants dont chacun découvre, outre les souffrances par déchirure et solitudes, les coûts économiques, sociaux, éducatifs, individuels et collectifs. Comme toujours, la facture est pour les faibles.

- De l’autre une France « familiale » qui réinvestit entre générations et dans la durée, la gratuité, l’éducation, l’entraide, la transmission, toutes valeurs qui font le socle de la vie associative et de la société civile. Certains contempteurs dépassés de la Famille vont jusqu’à l’accuser d’être source d’injustice sociale. 

Tous les psychologues, sociologues et politologues s’accordent désormais sur un point : l’appartenance à une famille stable, unie dans la durée, fondée sur le droit constitue du fait de l’entraide gratuite entre ses membres, un atout déterminant, voir un privilège, une protection contre les aléas, les handicaps, les obstacles en fait de santé, d’école, d’emploi, de logement....

 En cette époque d’insécurité et de précarité l’intérêt général est d’empêcher un repli sur le cocon de la FAMILLE CHALEUR et SECURITE condamnée à l’enferment égoïste.

 Dans ce but il convient de :

 •Démontrer que l’ultralibéralisme des mœurs a les mêmes conséquences fâcheuses pour le FAIBLE que l’ultra libéralisme marchand.

• Soutenir l’effort en faveur de la préparation au mariage.

•Promouvoir une conception de la famille fondée sur le DROIT ( MARIAGE), d’un homme et d‘une femme, qui protègent le faible ; favorise la stabilité comme la sécurité matérielle intellectuelle et morale comme des personnes et des groupes : Outil de résistance contre les POUVOIRS et d’abord d’argent et d’image. Lieu privilégié de pratiques et de formation à la gratuité et aux solidarités privées, à l’engagement social. Outil privilégié de transmission notamment éducatif et scolaire.

•Restaurer le primât du bénévolat et de la gratuité comme critères d’authenticité associative. •Promouvoir un meilleur équilibre entre solidarités privées et solidarités administrées.

 Pour toutes ces raisons, les AFP souhaitent asseoir leur démarche sur une transparence sans cesse améliorée. L’actuel projet de sondage doit contribuer à faciliter cet effort.

 


[1] Yann Algan et Pierre Cahuc. « La société de défiance. Comment le modèle social français s’autodétruit. » Editions Rue d’Ulm 2007.