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«De Fontevraud à Paris» par Laurent CLEVENOT secrétaire général de l'UNAF

Publié dans DOSSIER AG 15 juin 2013

« De Fontevraud à Paris »

Monsieur le Président, Cher Patrick,

Mesdames et messieurs les présidents d’associations

Mesdames et messieurs,

« De Fontevraud à Paris », passage de 2012 à 2013, une année et tant d’actualité, tant de « nouveautés » et de risques, dans le domaine de la politique familiale.

Merci donc de m’avoir invité pour partager, certes constats et analyses, mais également perspectives si ce n’est prospectives. Car il faut avancer en regardant davantage devant nous que derrière nous, la seule condition étant de ne pas oublier les leçons importantes du passé.

Parlons de l’actualité :

-       la loi sur le mariage et l’adoption : Nous allons maintenant étudier avec attention les conséquences de cette loi, sur la vie des familles, loi adoptée malgré l’opposition et les contre-propositions de l’UNAF. Plus encore, je souhaite que nous soyons très attentifs à l’une de ses conséquences, la  normalisation de l’homosexualité, situation pourtant très minoritaire. Elle aura certainement des répercussions dans la sphère éducative (théorie du gender, cours d’éducation sexuelle …) et dans la sphère médiatique. Les parents risquent donc de se trouver confrontés à des questionnements, à de situations auxquels ils ne sont pas forcément préparés.
Quant à l’adoption, beaucoup de questions restent en suspens et il faudra suivre dans les prochains mois les évolutions de l’adoption internationale.
 
-       la loi famille : Annoncée il y a deux semaines, celle-ci partait du constat comptable du déficit de la branche famille (2 Mds), en oubliant que 4Mds sont transférés chaque année à la branche vieillesse et le retour à l’équilibre « balistique » prévu en 2019.


A force de négociation et d’argumentation, l’UNAF a sauvé le principe de l’universalité de ces allocations, au prix d’une révision à la baisse du plafond du quotient familial (de 2000 euros à 1500 euros) (impact 12% des familles, 64 € par mois en moyenne).
Si nous voyons positivement le volontarisme en matière de solution d’accueil pour la petite enfance (200 000 + 75 000) et la majoration du complément familial pour les familles nombreuses et modestes (>=3 enfants), nous déplorons la suppression de lé réduction d’impôt pour frais de scolarité dans le secondaire (collège et lycée) car elle va touchée tout particulièrement les familles nombreuses.   Quant à l’égalité Hommes/Femme, le projet est donc d’obliger le conjoint à prendre 6 mois du congé parental de 3 ans, au risque de le perdre. Malgré les avis étayé de l’UNAF, nous allons donc constater « en pratique » la réduction du congé parental car les réalités de la vie en entreprise et de la vie de couple font que ce droit « conditionnel » ne sera que peu utilisé. Le choix de l’incitation par un congé bonifié/mieux rémunéré aurait été préférable à la méthode punitive dont les femmes feront les frais.


 
Et dans un futur proche ?

- le projet de loi concernant la fin de vie. L’UNAF auditionnée dans ce cadre, a souligné 3 points :

-       la loi de 2005 (loi Léonnetti) reste trop peu connue du public et des professionnels ;

-       la question de l’euthanasie ou du suicide assisté ne peut être dissociée d’une réflexion sur la prise en charge de la fin de vie avec le développement des soins palliatifs

-       enfin, la question de la fin de vie renvoie à la place de la famille et des aidants durant cette période.

-       La réforme des retraites et en particulier le devenir des droits familiaux (majoration quand 3 enfants ou plus)

-       La dépendance

-       Le financement de notre protection sociale

-       La loi consommation

-       La loi logement

Autant de sujets importants et qui démontrent le caractère transversal de la politique familial et la grande variété de son champ d’intervention.

L’importance de ces sujets et de leurs impacts potentiels sur la vie familiale justifie, s’il y en avait besoin, le rôle crucial des associations familiales et de chacune de vos associations, de leur réunion en mouvements nationaux et de leur inscription dans la logique de représentation institutionnelle incarnée par l’UNAF et les UDAF.   Et plus les enjeux sont importants, plus le poids que nous représentons doit l’être également, sur au moins deux plans que je ne peux dissocier : le plan quantitatif (car on se compte et on nous compte) mais également sur le plan qualitatif.   Nous devons donc avancer sur ces deux axes en améliorant toujours la qualité de nos travaux, des réflexions, de nos propositions, ainsi que le développement associatif.
A ce sujet, je tiens à féliciter les AFP pour leur croissance dynamique toutes ces dernières années et espère, comme vous tous, voir cet élan se prolonger.

En parlant d’avenir et de développement associatif, je souhaite m’arrêter quelques instants sur la jeunesse. Celle dont finalement on ne parle pas beaucoup si ce n’est au travers du prisme déformant des médias.

Quelques chiffres peuvent nous éclairer :

-       87% des jeunes considèrent la conciliation famille / travail comme importante dans le choix d'un emploi

-       Chez les 18-29 ans, la famille est très importante à 85% (76% en 1990), suivi du travail (70%), des amis et relations (57%), les loisirs (39%) et la politique (13%)

-       93,5% des 15-24 ans français souhaitent au moins 1 enfant, 90% en veulent au moins 2. Seuls 2% n’en veulent aucun.

Je vous incite également à prendre connaissance de l’enquête qualitative de l’UNAF disponible sur notre site internet , consacrée à l’engagement des jeunes comme bénévoles.

Cette jeunesse aura à faire face à des défis difficiles mais elle incarne l’avenir de notre pays, alors que tant que pays s’interrogent sur leur avenir faute de jeunesse.

La devise de notre république est « Liberté Egalité Fraternité ». Il devient urgent de viser également la pérennité, celle qui oblige à distinguer le fondamental de l’accessoire, l’important du futile et à faire des choix courageux pour les jeunes d’aujourd’hui, pour les familles de demain pour les générations futures, basés moins sur des idéologies que sur des principes pratiques et moraux clairs dictés par le seul intérêt général. L’avenir a un prix : celui de l’effort et des choix véritables. Le rôle des associations familiales et de l’institution UNAF est donc tout à fait capital.