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Assemblée Générale de l’UNAF intervention de PP Kaltenbach pour les AFP

Publié dans UNAF

                       Assemblée Générale de l’UNAF

Bordeaux 22 Juin 2013

TRANSPARENCE et CREDIBILITE

 

S’il veut être entendu autrement qu’en ce début 2013,

le mouvement familial doit se réformer pour accroitre sa représentativité 

BILAN et PROJET

Le mouvement familial doit inventer une procédure de réforme s’il souhaite contribuer mieux à une politique familiale efficace et juste. En dépit des apparences, les derniers incidents (Mariage pour tous.... Quotient familial) ont montré le peu de considération que nous portaient pouvoirs publics, partenaires sociaux et médias.

L’une des causes de ce manque de considération est sa faible représentativité ( 8 % des familles et encore  dans quelles conditions  si l’on écoute la Cour des Comptes ! ) Il n’existe pas d’autre voie pour accroitre notre audience. Autre profit politique, tout progrès de représentativité de l’UNAF ferait exemple dans un monde corporatiste étatique et médiatique qui suscite désormais une défiance générale.

Sachons tirer parti de la crise morale et politique, du pays, de la crise de la Famille (France à deux vitesses familiales. France des sans famille) et de la préparation d’élections municipales déterminantes pour l’action assocative familiale. Nous suggérons que l’UNAF organise d’ici fin 2013 une conférence de réforme pour construire une représentativité crédible. « Famille et Confiance. Jeunesse et Transparence. Associations exemplaires. Objectif : 20 % des familles en 2017 ». On ne redira jamais assez qu’il n’existe de bénévolat que de famille.

Objectifs résumés

Restaurer la représentativité des partenaires sociaux en donnant l’exemple de la transparence et de la séparation des pouvoirs.

Attirer l’attention et l’engagement de nouveaux bénévoles par des actions mobilisatrices tout à la fois de communication et d’initiative locale opposant des contre pouvoirs aux corporations et aux médias.

Inventer des éléments de langage.

Faire passer les idées globales par des actions locales en sélectionnant les élus les plus « Médiatiques » 

L’UNAF dans la France politique de juin 2013 

Situation et Vocation 

DES IDEES CIBLES MEDIATIQUES

Demander au Ministère de l’Intérieur une procédure crédible de décompte des effectifs de manifestants. ( Loi créant une Commission composée de parlementaires associant services et organisateurs, présidée par l’opposition)

Demander au Ministère du Budget via le HCF ou des parlementaires le coût du PACS.

Demander aux ministères «  associatifs » qui oeuvrent dans le champ « FAMILLE » les coûts des structures et procédures du secteur associatif subventionné etc. ( Voir aussi Economie Solidaire et Sociale), la sociologie des populations bénéficiaires de ces structures .

Unique en son genre, la sociologie, la structure électorale des conseils de l’UNAF offre l’atout d’une réforme trop longtemps repoussée. Nous pouvons échapper à la sur représentation de « faux bénévoles vrais permanents ».

Retrouver la confiance n’est pas une option : c’est un impératif. Et ce n’est plus affaire de dirigeants rêtifs, c’est affaire de chacun.

Le mouvement familial tout comme la Famille est au cœur du débat sur la répartition entre solidarités administrées et solidarités publiques. Il est de la logique sociologique des gestionnaires publics ( professions, carrières, compétences, statuts.. ) que de vouloir trouver dans la politique familiale un levier répondant à leur intérêt personnel. Or au sein de l’UNAF certains mouvements subissent un militantisme salarial ou d’usagers subventionnaires qui les séparent des bénévoles et divisent le mouvement. Le fait de recourir au statut de la loi de 1901 pour gérer ces importants moyens publics est source de confusion. Une question en exemple ? Il n’est pas assuré que les crédits retirés au quotient familial n’iront pas financer les équipements familiaux (275 000 places) « Bobo » des centres ville. D’où l’intérêt d’une étude de la sociologie des bénéficiaires des 275.000 nouvelles «  Situations ». 

CONSTAT

CRISE DE CONFIANCE MORALE ET POLITIQUE. CRISE FAMILIALE

C’est au moment où la France affronte simultanément :

• une crise de confiance sans précédent envers les responsables de la classe corporatiste, étatique et médiatique.

• la fracture d’une société à deux vitesses familiales (27 % de situations monoparentales et recomposées) .

-        Que les pouvoirs publics ont pris le risque de jeter dans la rue des milliers de familles et de jeunes puis d’engager une politique familiale privilégiant les solidarités administrées ( 275.000 places d’accueil ) au détriment des solidarités privées ( prélèvement de 2 milliards sur le quotient familial).

DESINVOLTURE DES CORPORATIONS

En ces deux occasions, la voix des partenaires sociaux - au premier rang desquels l’UNAF- a été traitée avec désinvolture à l’initiative des lobbies du « familialisme public ».

Sous leur pression, en janvier le Gouvernement n’a consenti que trois séances aux 92 membres du HCF pour réformer l’ensemble de la politique familiale. La totalité des participants ont protesté. Le vendredi 31 mai le HCF a été convoqué à Matignon le lundi 3 juin pour entendre la décision de prélever 2 milliards sur le quotient familial et la création de 275.000 places d’accueil   De ce mauvais traitement politique le mouvement familial doit tirer des explications et inventer les voies de son renouveau.

L’EXCEPTION FRANCAISE ? UNE SOCIETE DE DEFIANCE

Au fil des quatre dernières décennies, notre pays est devenu une société de défiance et d’incivisme dont le modèle social s’autodétruit[1].Ce «modèle » baptisé «Exception » par ses bénéficiaires, en voici la spécificité politique unique : des partis sans militants, des syndicats sans salariés, de grandes associations sans bénévoles, des églises officielles sans fidèles, une presse écrite d’opinion sans lecteurs, le tout sous un fleuve d’aides publiques caractérisées par leur opacité .

Toute demande de débat pour établir des règles en vue de définir, recenser et évaluer l’effort public se voit disqualifiée comme remise en cause du programme de la Résistance, puis de la démocratie politique et sociale voir le réveil de la bête immonde. Définir serait stigmatiser pour trier, « fliquer », punir et exclure ! Recenser ? Un retour au Fichier Juif ! Evaluer ? Culpabiliser pour livrer le Bien au Marché ! Et c’est parce qu’il est interdit d’évaluer, qu’il est impossible de débattre. Le mot «accountable » qui veut dire responsable n’a pas sa place en français[2].

Selon les études de la Banque Mondiale, la France souffre d’une gouvernance médiocre : 23e rang des pays développés pour la corruption et l’efficacité du gouvernement et de l’administration ; 21e rang pour la qualité de la règlementation. Or pour le FMI, l’efficacité de l’aide publique internationale dépend moins de son ampleur que de la qualité de gouvernance du pays bénéficiaire. Pourquoi ce qui est vrai de l’aide internationale ne le serait-il pas de la dépense publique hexagonale ?

Réponse « morale» indignée ? La question ne sera pas posée. Dénoncer ? Oui ! Enoncer ? Oui ! Proposer ?Non ![3]- T Marcel Gauchet résume: « La déferlante individualiste continue de s’abattre sur le grand chaudron des bureaucraties redistributrices ».[4] Toute demande de débat est rejetée prétexte brandi qu’elle ne vise qu’a dresser les français les uns contre les autres. Un Ezra Suleiman apporte sa contribution à cette analyse: «Le mépris des comptes -pour la culture, pour la protection sociale, pour l’éducation, pour tous ses services publics- est face aujourd’hui à son moment de vérité et de réalité. La politique, c’est « qui obtient quoi, quand et comment ? ». La France est devenue une société de lobbies comme toute société démocratique, mais avec une différence fondamentale. Les lobbies les plus puissants défendent leurs intérêts  en invoquant l’intérêt général, les grands principes, la République, bref la morale. En réalité, L’évaluation est inacceptable dans de nombreuses institutions parce qu’elle est susceptible de mettre en danger les acquis  Or la démocratie et la modernité imposent l’évaluation objective des compétences et des résultats » .[5]

Le principal atout de ce pays est d’évidence son retard démocratique dans la gestion d’une dépense publique qui atteint le niveau européen record de 56% soit 1.135 milliards d’euros. Avec seulement 10 % d ‘amélioration dans l’efficience, l’efficacité, la compétitivité par rapport aux administrations de pays comparables, cet effort modéré déjà réalisé en Allemagne, Grande Bretagne Danemark et Suède, rapporterait 113 milliards aux contribuables soit deux fois le budget de l’Education Nationale. La compétitivité du secteur public français ? C’est maintenant !

PROJET de RENOVATION

RECHERCHE

Demander la participation de l’UNAF aux travaux recherche pour constituer un contre pouvoir aux centres corporatistes qui détiennent actuellement le monopole de création des mots et idées .  

 • Il s’agit d’engager une opération de «  COM » d’initiative populaire... qui doit se fonder sur les principes invoqués par les pouvoirs en place ( Confiance, transparence, exemplarité, justice)   en vue de susciter l’intérêt et l’engagement d’un nombre raisonnable de citoyens si l’on veut recruter des militants. Elle doit se fonder aussi sur nos principes. Par exemple il est absurde d’opposer Jeunesse et Famille. Utilisons les municipales de 2014 pour en faire démonstration.

• C’est une action démocratique de communication visant à instaurer la séparation des pouvoirs.  

SEPARATION DES POUVOIRS 

Opération Article XVI

« « Article 16 - Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution ».( Déclaration 1789)

Opposer un contre pouvoir aux corporations

TRANSPARENCE& CERTIFICATION

L’ASSOCIATION CONTRE LE CITOYEN

 

L’ABCES ASSOCIATIF DOIT DEVENIR LA CIBLE DU MOUVEMENT FAMILIAL.

  1. : S’INSPIRER DES PRINCIPES DU CHARITY ACT UK 2006
  2. : des outils d’usage local « Gouvernance et Certification » . Certificat de Transparence et label IDEAS de Gouvernance.

Définir, dénombrer, évaluer, rendre compte : à l’UNAF, distinguer militants, usagers, salariés, fonctionnaires.

Demander à la Cour des Comptes de renouveler l’enquête ( sociologie et localisation) sur les familles bénéficiaires des structures d’accueil les plus coûteuses en moyens humains et financiers.

Demander via HCF / INED / INSEE / BUDGET   Dépense nationale associative familiale.

Opposer un contre pouvoir aux medias--------

Casser le discours tabou via des sondages IFOP.

Choisir des sujets tabous. ( Effectifs de manifestants . Coût fiscal du PACS. Jeunesse et Famille ) inventer des procédures de controverse. Famille et association normale ? Qu’est ce qu’une famille normale ?   Choisir des vedettes locales/nationales et cumulantes pour cibles .  

DEMARCHE SUGGEREE

L’UNAF en quête de rénovation

FAMILLE et CONFIANCE.

JEUNESSE et TRANSPARENCE.

ASSOCIATIONS EXEMPLAIRES. 

Objectif : 20 % des familles en 2017.

Ce programme fondé sur l’idéal de séparation des pouvoirs doit être mis en œuvre comme une priorité pour le mouvement familial, pour le mouvement associatif, pour la démocratie. Il y va de sa crédibilité et de sa spécificité dans cette France étrange de 2013 où le débat fait peu à peu place au pugilat.


 

Yann Algan et Pierre Cahuc. « La société de défiance. Comment le modèle social français s’autodétruit. » Editions Rue d’Ulm 2007.

Seul inspire confiance celui qui est de parole, rend compte et répond de ses actes.

TV. Public Sénat. 5 février 2011. Bibliothèque Medicis : Edgard Morin, Marcel Gauchet, Henri Guaino.

« La religion dans la démocratie » . Gallimard 1998

Ezra Suleiman. » Schyzophrénies françaises ». Grasset.Septembre 2008